La propagation du nouveau coronavirus fait planer l’ombre d’une décroissance sur l’économie sud-coréenne. Un risque émis par l’Institut de recherche économique de Hyundai, dans un rapport publié hier. Selon lui, si l’épidémie se propage davantage, elle pourrait créer une grande volatilité des marchés financiers et faire reculer les exportations et le tourisme, comme ce fut le cas lors de la crise du coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV), qui a frappé la Corée du Sud en 2015.
L’organisation met en avant deux cas de figures : premièrement, si la maladie reste concentrée sur la Chine, la Corée du Sud devrait connaître une baisse de l’ordre de 616 000 touristes étrangers, équivalant à des pertes de 900 milliards de wons, soit 687 millions d’euros, de revenus liés au tourisme lors des quatre premiers mois de 2020. Deuxième cas de figure : si la maladie se propage largement au sud de la péninsule coréenne, le pays comptera 2 201 000 visiteurs étrangers en moins, soit un manque à gagner dans le secteur du tourisme de 2 900 milliards de wons, soit 2,2 milliards d’euros.
Toujours selon ce rapport, la Chine, le premier partenaire commercial du pays du Matin clair, devrait accuser une chute importante de sa demande intérieure. Par conséquent, les exportations sud-coréennes risquent de reculer d’un montant évalué entre 150 et 250 millions de dollars. En ce qui concerne la consommation domestique, elle devrait régresser de 0,1 point si l’épidémie reste cantonnée à l’empire du Milieu, et de 0,3 ou 0,4 point si elle se propage dans le sud du 38e parallèle. Cela devrait se traduire par une baisse de la croissance trimestrielle de 0,2 ou 0,3 point dans le premier cas, et de 0,6 ou 0,7 point dans le second. Au rythme annuel, cela fait redouter un recul respectivement de 0,1 et de 0,2 point, au maximum.
L’Institut souligne par ailleurs dans son document qu’il est primordial de dissiper toute angoisse ressentie dans le secteur privé et d’assurer la plus grande transparence dans les informations diffusées, afin de ne pas démoraliser les consommateurs. Il conseille au gouvernement d’augmenter la part du budget annuel exécutée au premier semestre, de sorte que l’économie puisse maintenir sa reprise, qui reste encore faible.