Séoul et Washington ont beau tenter de convaincre Pékin que le système antimissile américain THAAD ne visera que la Corée du Nord. La Chine continue de réagir vivement à leur décision officielle de le déployer au sud de la péninsule. Cela inquiète les sud-Coréens. Ceux-ci redoutent même des représailles économiques de sa part. D’autant plus que certains médias chinois évoquent une telle possibilité. Dans ce cas-là, les produits cosmétiques et les voyagistes seraient les plus touchés.
L’année dernière, le pays du Matin clair a reçu pas moins de six millions de touristes chinois, soit 45 % des arrivées de visiteurs internationaux. L’éventuelle mesure de rétorsion doit peser lourd sur leurs déplacements.
Cela dit, cette inquiétude peut sembler excessive, puisque que la Corée du Sud est le troisième partenaire commercial de l’empire du Milieu. Pendant les seuls cinq premiers mois de l’année, le volume d’échanges commerciaux entre les deux nations s’est élevé à 98,5 milliards de dollars. Si dans ce contexte, Pékin impose des sanctions commerciales aux produits « made in Korea », ses entreprises risquent elles aussi de subir des pertes considérables, selon un chercheur de l’institut de recherche économique du groupe LG.
En plus de cela, l’accord de libre-échange bilatéral est déjà entré en vigueur. Et la Chine est un membre de l’Organisation mondiale du Commerce. Les frictions commerciales dues aux barrières non-tarifaires ne seront pas tolérées.
Le ministre des Finances Yoo Il-ho se veut lui aussi rassurant. Pour lui, il n’y aura pas d’importantes représailles économiques de la Chine.